Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

LE MONT SAINT MICHEL

L’histoire du Mont Saint Michel commence en 708, avec le récit fondateur du sanctuaire : le songe d’Aubert.Saint-Michel apparait à l’évêque d’Avranches une première fois, lui communiquant de construire un sanctuaire en son nom, Aubert n’exécute pas, une seconde fois il lui apparait de nouveau, pour les mêmes raisons, puis une troisième fois, un peu plus « énervé » évidemment lui ordonne de le faire sur un rocher où il trouvera un taureau attaché. Afin d’attester de sa présence, l’archange  le violente en perçant son crâne d’un trou. L’évêque d’Aubert fini par le croire et se et à l’ouvrage. -> cf : le bas-relief de l’abbaye

Récit fondateur du Mont-Saint-Michel : tiré d’un seul et unique texte appelé « La révélation concernant l’église de Saint Michel sur le Mont Tombe ». Daté de 820/867, il existe une copie de 991/1009 conservé au scriptorial d’Avranches.

Le Mont Saint Michel n’est pas le 1er sanctuaire dédié à l’Archange, le plus célèbre et le plus ancien est évidemment le Monte Gargano (Mont Gargan, en Italie) daté du 5ème siècle. On se rend compte que le récit fondateur du sanctuaire normand est totalement calqué sur celui du Mont Gargan. On retrouve les trois épisodes principaux: trois apparitions, la présence d’un taureau (qui montre l’emplacement de construction du 1er oratoire) et la construction d’une grotte comme 1er sanctuaire. Aubert a ordonna d’ailleur qu’on aille chercher deux reliques directement au Mont Gargan afin de les transférer ici : un morceau de voile de Saint-Michel et un morceau de marbre où il aurait posé son pied.
La différence avec le sanctuaire du Mont Gargan : on ajoutera la relique du crâne percé d’Aubert ainsi que d’autres récits fondateurs légendaires.

Autre récit légendaire : la naissance des trois monts de la Baie du Mont Saint Michel, le Mont Dol, le Mont Tombelaine et le Mont Tombe. La légende raconte qu’à l’époque du roi Arthur, des géants voulant défier l’autorité du roi, lui montrèrent leur force. Chacun leur tour, trois géants lancèrent des pierres le plus loin possible. Les trois monts seraient ces fameuses pierres.

L’Archange Saint-Michel sera le protecteur du territoire, et du royaume de France de Charlemagne à Louis XIII (suivi la Vierge)

Le pèlerinage :

Très vite un grand lieu de pèlerinage en France, puis dans le monde. Afin d’attirer de nombreux pèlerins, des dizaines de reliques furent apporter au sanctuaire (49 reliques au 12ème et 13ème siècle), un village se créa afin d‘accueillir les pèlerins et un réseau de routes « les chemins montois » fut créer dès le 11ème siècle. A propos des « chemins montois » les routes aménagées arrivaient de Dinan, Rennes, Angers, Tours, Le Mans, Rouen, Caen… Les routes étaient ponctuées de chapelles, hospices, refuges… gérés par les monastères locaux et non l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Le pèlerinage se poursuit jusqu’au début du 16ème siècle, puis déclin.

Pourquoi vient-on au Mont-Saint-Michel : comme dans tout sanctuaire, on y vient pour y faire pénitence, ou encore pour demander la guérison. Mais le Mont-Saint-Michel est beaucoup plus que ça. On y vient principalement pour demander la protection de l’Archange, qui est le chef de la milice céleste. Et il existe également des pèlerinages que l’on qualifie de « politiques » comme avec Louis XI  qui lorsqu’il vient, rend hommage au sanctuaire, mais surtout y installe une garnison et renforce la force militaire de la citadelle.

 

Il faut bien différencier deux éléments au Mont-Saint-Michel, tout en les associant, c’est l’abbaye, qui se trouve au point culminant du rocher, et le village en contrebas, né de l’abbaye mais qui est un espace à part entière, qui sera transformé en une vraie citadelle des mers lors de la Guerre de Cent ans.

Les grandes périodes à retenir liées évidemment à l’histoire du royaume de France:

-          708 : révélation d’Aubert et création du sanctuaire

-          966 : installation des Bénédictins à la demande de Guillaume le Conquérant.

-          1023 : début de la construction de l’abbatiale et du monastère

-          1204 : incendie du Mont-Saint-Michel par le breton Guy de Thouars. Engendre la construction de la Merveille.

-          1337 : début de la Guerre de Cent Ans

-          1420 : trahison d’un abbé qui passe dans le camp anglais

-          1562 : Guerres de Religions

-          1622 : introduction de la réforme de Saint-Maur

-          1790 : les derniers moines quittent l’abbaye.

-          1811-1863 : l’abbaye, par décret devient une prison.

-          1874 : MH

-          1969 : installation d’un nouvel ordre monastique, l’abbaye redevient un lieu de culte. Les Fraternités de Jérusalem. Aujourd’hui il reste 12 moines et moniales.

-          1979 : UNESCO

Entre toutes ces périodes, le monastère s’est construit, le village s’est développé, des sièges ont eu lieu… Le Mont-Saint-Michel a subi de nombreuses restaurations à partir 1872 avec la nomination d’un 1er architecte des Monuments Historiques. Les restaurations continuent toujours aujourd’hui, notamment le grand projet du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel (cf : les photos des panneaux qui expliquent ce projet).

 

La montée vers l’abbaye

L’entrée du village.

Il fallait traverser trois portes et deux ouvrages de type « barbacane » avant de pouvoir pénétrer dans l’unique et principale rue du Mont :

  •  « la porte de l’Avancée » ajoutée au 16ème siècle qui précède une cour fermée dans laquelle on trouve les fameuses bombardes. Porte qui « s’avance » au-devant du village pour mieux le protéger d’où son nom.
    • (michelettes) bombardes anglaises, pièce d’artillerie de la Guerre de Cent Ans. Ces bombardes ont été prises aux Anglais lors de l’attaque d’avril 1434. Elles pèsent respectivement 3.5 tonnes et 5.5 tonnes. Elles envoyaient à plus de 200m des boulets de pierre, comme ceux qu’on peut voir ici, de 75 à 150 kgs.
    • Le Mont-Saint-Michel= place forte française au cours de la Guerre de Cent Ans. Dès 1415, avec la bataille d’Azincourt, perdue par les Français, le Mont va subir de nombreux sièges, pendant 40 ans, mais sans jamais être pris. A un moment, le vent aurait pu tourner en faveur des Anglais, quand l’abbé Jolivet, en 1420 décide de changer de camp et de se rallier aux Anglais. Il va même participer au procès de Jeanne D’Arc. Sauf que les moines, le capitaine Louis d’Estouteville et les habitants ne partagent pas ce revirement de situation et continuent de soutenir le royaume de France. Dans un 1er temps, les conséquences de ce changement de camp sont considérables : le chœur qui s’effondre en 1421, en 1424 le capitaine militaire du Mont meurt, et Tombelaine tombe aux mains des Anglais. Heureusement le dauphin du roi envoie un nouveau capitaine et donc de nouvelles troupes et le Mont se relève. Le Mont résista pour plusieurs raisons : sa position insulaire (sables peu sûrs, rivières dangereuses, marées), les Anglais sont en sous-effectif, pour contrôler le Mont il aurait fallu contrôler la Baie de Saint-Malo à Granville, on sait également que les Anglais n’ont jamais réussi à prendre Saint-Malo. Le fait que le Mont soit inviolé faire ressurgir un nouvel élan de pèlerinage, il devient un vrai symbole de lutte contre l’ennemi.
    • L’actuel Office du tourisme, logé dans « le corps de garde des bourgeois », date également du 16ème siècle.
  • « la porte du Boulevard », elle possède une porte cochère et une porte piétonnière. Cette porte protège la barbacane du même nom. Elles datent du début du 15ème siècle. Son nom de boulevard provient du nom de la construction militaire du même nom.
  • la « Porte du Roy », porte principale du village, date de 1435. Porte de défense par excellence, flanquée d’une grosse tour, d’une herse, d’un pont levis, d’un fossé…. Dernier recours militaire au cas où des ennemis pénétreraient. Le fossé et le Pont Levis ont été restaurés en 1992 par Lablaude, architecte des MH, ils avaient disparu plusieurs siècles. Actuellement la Porte du Roy est en partie cachée par le restaurant de la Mère Poulard. Son nom, peut-être en honneur du roi de France qui donne de l’argent pour la construction des fortifications.
  • Restaurant Mère Poulard : restaurant construit en 1888. La mère Poulard est une figure célère du Mont, montoise, née à Nevers, mais a travaillé comme femme de chambre pour Corroyer, un des architectes des MH au Mont. Quand il est nommé sur l’abbaye, il l’emmène avec lui. Elle meurt au Mont en 1931. Pourquoi ces omelettes ? Afin de faire patienter les visiteurs pour le repas ou avant de repartir, elle eut l’idée de confectionner une omelette. La mairie de la commune se situe dans la porte du Roy.

Le village :

Commune française, selon l’Insee il y aurait 43 habitants, mais en réalité moins, plutôt une vingtaine. On entre directement dans l’unique rue du village, nommée la « Grand Rue ».

  • la maison de l’Arcade, en encorbellement, du 15ème siècle, elle montre le principe de l’utilisation de l’espace. Le Mont Saint Michel fait moins de 4km², il a fallu adapter les habitations à l’espace et régulièrement construire dans les fortifications. Elle hébergeait des soldats. Les étages sont desservis par un escalier à vis appelé « Tour du Guet ». Elle fut la 1ère maison classée du Mont en 1875 car elle faisait partie des remparts.
  • la Mairie, une petite statue de la Vierge, elles sont au nombre de trois au dans le village, une autre sur la façade de l’église Saint-Pierre, et une troisième au presbytère. Elles datent du 19ème siècle et protègent le Mont.
  • la Poste. Il est possible de demander le tampon du Mont-Saint-Michel pour les collectionneurs. La Poste date de 1935, elle se trouve sur l’ancienne hostellerie de la « Tête d’Or », qui n’était autre que l’ancienne auberge de la mère Poulard. D’ailleurs à l’intérieur du bureau de poste se trouve toujours l’ancienne cheminée où elle cuisait ses premières omelettes. L’hôtellerie de la tête d’or était fort réputée, bien avant Annette Poulard. Elle accueillait à sa table les grands seigneurs. « On y mangeait bien, on y buvait sec ».
  • la maison qui enjambe le village est la Maison de l’Artichaut, nommée ainsi à cause de sa décoration. Elle est couverte d’ardoises de châtaigniers et dépendait de l’ancienne hostellerie de la Licorne avec laquelle elle est en communication. Elle date de 1616.
  • l’ancienne Auberge Saint Pierre datée de 1600 (monotonie des pans de bois par rapport à d’autres maisons du village, peu d’encorbellement, façade très verticale, il ne reste que la moitié de la construction initiale, elle s’étendait jusqu’à la maison de l’artichaut, c’était alors la maison la plus longue du rocher mais elle fut extrêmement restaurée par Ernest Herpe)
  • l’hostellerie de la Sirène peut-être du 15ème siècle, serait une des plus anciennes de la commune mais pas de sources.
  • « La ruelle des cocus » la plus étroite du village, à peine 50cm de large. Comme son nom l’indique, certaines personnes passaient du bon temps dans cette étroite ruelle, ils étaient très bien cachés !
  • «  restaurant du « Mouton Blanc », restauré selon l’état de 1701. Se compose de trois constructions, dont un immeuble contemporain en pierre à gauche, au centre une maison reconstituée à partir de matériaux anciens et grâce à une maquette du 18ème et à droite l’ancienne maison à pans de bois.
  • Maisons à arcades : deux maisons s’ouvrent sur la rue par deux grandes arcades, ce sont d’anciennes loges de marchands, elles rappellent les pratiques commerciales du village. On trouve la maison de l’Eperon (avec la porte sur le côté)  et la Maison appelée Chapelle Saint Sébastien. Elles sont datées du 16ème siècle mais existaient déjà au 14ème siècle. Dans les plus anciennes maisons en pierre du village.

L’Eglise Saint-Pierre :

En 966, quand le Duc de Normandie installa les Bénédictins, les chanoines furent chassés de l’abbaye. Ils se refugièrent selon la légende, alors dans cette église. Mentionnée par écrit dès 1022, elle est d’origine romane mais fut très remaniée aux 15ème et 16ème siècles. L’église est construite à flanc de rocher, comme on le voit, elle accueillait les pèlerins qui montaient vers l’abbaye. L’église est orientée sud-est, dû à la complexité du terrain.

  • Statue de Jeanne d’Arc. Jeanne d’Arc a elle-même déclaré que Saint-Michel lui aurait inspiré son épopée guerrière. La statue fut installée au Mont en 1909, lors de la fête de la béatification de la pucelle. Lors de cette fête 42 000 fidèles se rendirent au mont. D’ailleurs, le 8 mai c’est la libération d’Orléans, c’est aussi l’apparition de Saint-Michel au Mont Gargan en Italie.
  • Une des trois statues de la Vierge
  • Passage en plein cintre a été ouvert sous le chevet, il permet de rejoindre le cimetière paroissial et les chemins intérieurs qui mènent à l’abbaye.
  • église très sombre : ce n’était pas le cas avant 1922. Mais en 1922 on détruit l’auberge du Grand Saint Julien, qui était en face, et on construit les Nouvelles Terrasses Poulard, bâtiment beaucoup plus haut que l’ancien et qui prise le chœur de l’église de toute lumière.

 L’intérieur : c’est une église très riche, remplie de symboles. Si l’église est si riche, c’est parce qu’entre 1886 et 1922 l’abbaye est fermée au culte pour travaux, et donc le culte de St Michel descend dans l’église paroissiale. Les pèlerins y ont donc déposés de nombreux ex-votos, bannières…Elle possède une nef avec un seul collatéral. La nef couverte par un plafond en bois et pavée de nombreuses dalles funéraires du 17ème siècle, une seule partie a reçu une voute sur croisée d’ogives, c’est celle qui soutient le clocher de l’église.

En entrant, on arrive directement sur la chapelle Saint-Jean l’Evangéliste. Le vitrail du fond date du 15ème siècle, le lutrin en bois représentant un aigle, symbole de St Jean, date quant à lui du 19ème. Près du lutrin une statue de St Anne lisant les saintes écritures à Marie du 15ème/16ème siècle.

Le chœur : l’autel et le tabernacle sont du 17ème, au-dessus on remarque un grand tableau du 17ème également attribué à Loiseau, moine de l’abbaye. L’autel en bois a été sculpté par un prisonnier de l’atelier de menuiserie du Mont.

Chapelle de la Vierge : statue du 15ème polychrome.

Chapelle St Michel : ancien porche utilisé comme chapelle à partir de 1885, avec la fermeture de l’abbaye, au RDC de la tour du clocher. C’est cette chapelle qui possède la voute en pierre. Elle abrite depuis 1895 une statue qui date de 1873 de St Michel. Les boiseries proviennent de l’abbaye. Sur le côté on distingue les armes de Bretagne, et de Normandie, puis des médaillons détaillant les symboles de St Michel.

 

Suite du village

La maison dite du Pot-au-cuivre(face au Logis Tiphaine, avec une porte sur le côté, juste après l’église) se compose d’une cave avec une citerne, elle possède également une tourelle et un terre-plein. La façade présente sur la grande rue est toute petite par rapport à la façade que l’on voit à partir des remparts. 15ème siècle.

Le Logis Tiphaine : la demeure abrite aujourd’hui un des musées du Mont. Légende de la femme de Bertrand Du Guesclin. Le chevalier breton, aussi capitaine militaire du Mont aurait mis à l’abri sa femme Tiphaine ici entre 1365 et 1374. Il est vrai qu’elle a été accueilli au Mot afin qu’elle soit protéger. Par contre on ne sait pas du tout si elle vécut ici. Bâtiment de la fin du 14ème.  Pour infos : quand Charles de Blois l’adoube en 1357 (après son duel contre Thomas Canterbury à Dinan) il le nomme alors capitaine de Pontorson et du Mont St Michel.

Logis St Symphorien : le plus vieux logis du mont, date du 14ème siècle. S’appuie sur l’enceinte primitive du village.

L’esplanade de Jérusalem : esplanade utilisée à la fin du 19ème siècle suite à la fermeture de l’abbaye au culte. L’esplanade accueillait les processions et les offices religieux lors des grandes périodes du pèlerinage.

Les remparts : On sait qu’il y a eu des fortifications avant le 14ème, mais les travaux de fortifications du Mont à partir du début du XVe siècle sont liés à la guerre de Cent Ans, surtout à partir de 1420 avec l'occupation du rocher de Tombelaine par les troupes anglaises. La construction d’un rempart flanqué de plusieurs tours commence en 1419 et s’achèvent en partie vers 1441, la plupart des tours sont déjà édifiées. A cette époque on ouvre une nouvelle entrée, celle que l’on connait aujourd’hui. Les deux anciennes portes sont masquées par deux tours. L'achèvement complet de l'enceinte est effectif en 1499. Le manque d'entretien de l'enceinte conduit à l'effondrement de certaines tours. Au 18ème on commence à reconsolider les bases. A partir des années 1875, après le classement au titre des Monuments historiques du Mont-Saint-Michel, les architectes en chef qui se succèdent s'attacher à maintenir les fortifications en état. Actuellement les remparts sont en travaux de consolidation et de restauration.

Au niveau du Musée :

Le chemin des loges : au Moyen-Âge il y avait de nombreuses échoppes appuyées contre le flanc du rocher, juste en contrebas des fortifications de l’abbaye. Le long de cette rue c’était les loges des marchands d’images, on y vendait donc des images pieuses, mais aussi toutes sortes de bibelots. Les pèlerins ramenaient des souvenirs, lesquels ? Coquillages, eau de mer et amulettes de sable. Mais aussi des rubans bénis, des boutons, anneaux, enseignes en plomb… Tout un petit monde finit par vivre du pèlerin : il le nourrit, l’abrite et le fournit en souvenirs. Cette « rue » s’appelait le chemin des Loges.

On remarque deux maisons à arcade, la 1ère est la maison de la Truie qui File, servait de tripot apparemment, jusqu’à la révolution. Puis de café pour les gardiens de la prison. Près d’elle se situe l’ancienne école communale. Pourquoi le nom de la truie qui file ? Je n’ai rien trouvé qui se rapporte à une légende propre au Mont, mais deux légende se rapporte à ce nom assez étrange.

-          La « Truie qui file » garde le souvenir de la légende d'une gentille bergère qui, gardant ses brebis, file sur le bord d'une route, quand un seigneur débauché tente de profiter de son innocence. La jeune fille qui invoque la Vierge se transforme en une truie suffisamment hideuse pour effrayer le libertin entreprenant. Explication à Malestroit

-          ll n’est pas rare de trouver en flânant dans les vieux quartiers d’une ville une rue dénommée la rue de La truie qui file. Ce curieux nom proviendrait d’un fait divers qui aurait troublé les foules au Moyen-âge. L’histoire se serait passée à Paris en 1466 : un pauvre charlatan donnait tous les jours des représentations burlesques qui attiraient le peuple de Paris, en particulier sa truie qu’il avait dressée à s’asseoir sur son derrière, à tenir une quenouille d’un pied et à manier le fuseau de l’autre. Pour certaines personnes le tour d’adresse ne pouvait être que l’œuvre du démon. Le pauvre saltimbanque est condamné à être brûlé vif avec sa truie au lieu même où il produisait son spectacle ! C’est depuis cette époque que La truie qui file devint l’enseigne de plusieurs taverniers et cabaretiers.

A l’emplacement du musée se trouve l’ancienne villa Saint-Michel, au-dessus de la porte d’entrée se trouve un écusson avec le collier d’or de l’ordre de Saint Michel portant la date de 1629. Un autre écusson daté du 19ème siècle, mais je n’ai pas trouvé de référence précise.

Par la suite, plusieurs chemins s’offrent à vous pour descendre, utiliser le chemin des loges puis redescendre par la Grand’Rue // ou bien, descendre par le petit escalier qui longe le Musée, et qui rejoint le cimetière paroissial // ou enfin descendre par la rue qui longe le musée.

Les Fanils

Ce chemin est souvent utilisé en plein été, quand il y a beaucoup trop de monde dans la Grand Rue. Alors les gendarmes ferment l’entrée principale, et on utilise les Fanils. Le chemin est très simple, il suffit d’aller toujours tout droit.

La Caserne : Au 19ème, grands chantiers à l’abbaye mais aussi aux Fanils. Suite à la décision en 1811 de faire de l’abbaye une prison d’Etat, il devient nécessaire de construire des logements de fonction pour le personnel pénitentiaire. On choisit cet emplacement, ce lieu était occupé depuis le 15ème siècle par les Fanils, c’est-à-dire les magasins de foin de l’abbaye. En 1828 on construit une caserne et des bâtiments annexes qui accueillent tout le personnel. Leur construction prend exemple sur la caserne de Granville, les maîtres mots d’un point de vue architectural sont sévérité et régularité. C’est en effet un austère bâtiment en granit, sur trois niveaux et coiffé d’une haute toiture. La caserne accueillit alors les 100 soldats de l’abbaye. Pour construire cette caserne on a du détruire la Tour des Pêcheurs.

La Tour Gabriel : Actuellement en restauration. Tour de 1524, dernière tour de l’enceinte du Mont, elle doit son nom à son concepteur Gabriel du Puy de Murinais. C’est une tour à canons, elle comprend trois casemates superposées qui permettent de tirer dans toutes les directions. Le pilier central est creux afin d’évacuer la fumée. La particularité de cette tour, c’est qu’elle est surmontée à partir du 17ème siècle d’un moulin à vent. Ce moulin sera transformé au 19ème siècle par un sémaphore pour orienter les bateaux venant du Couesnon. La fin de la navigation sur le fleuve rendra inutile le sémaphore qui sera démonté en 1902.

On suit alors le chemin en pente qui monte vers l’abbaye. Au cours de la montée, on peut parler de la rampe d’accès construite n 1819 lors de la période carcérale, on peut parler également des chantiers de restauration qui ont toujours lieu, on peut voir le haut des citernes modernes, et on a un point de vue sur le Couesnon.

 

L’abbaye

1)       Point chronologique des étapes de construction

L’abbaye est construite sur le sommet du rocher. Les 1ère constructions liées au culte de Saint Michel, assez sommaire étaient-elles, purent s’établir assez aisément, au 8ème on construit un 1eroratoire dans une grotte. Il y eu un oratoire primitif, au 6ème siècle, mais on ne sait pas vraiment à qui il se destinait. Une légende raconte la création de l’oratoire de l’évêque Aubert

                « Après avoir réuni une foule considérable de paysans, il (Aubert) nettoya l’endroit et l’aplanit afin de préparer la place. Mais au milieu se dressaient deux rochers que de leurs mains les nombreux ouvriers ne pouvaient ni déplacer ni même faire bouger. Après une vision, un homme nommé « Bain » se hâta avec ses fils de se rendre sur ce site. Une fois arrivé là, il fit ce qu’aucune autre force humaine ne pouvait faire, d’une façon extraordinaire il déplaça la masse rocheuse » tiré de la Revelatio ecclesiae.

Puis au 10ème siècle, en lieu et place de la grotte d’Aubert, on construit une église préromane, Notre Dame Sous Terre, à laquelle on ajoute quelques bâtiments conventuels. A cette époque et jusqu’en 933 (quand le diocèse d’Avranches devient normand) le Mont appartient aux bretons. Il faut savoir que le Mont n’a pas subi une forte pression des invasions Vikings, apparemment les Bretons gardaient la Baie. Peut-être eut-il eu une incursion, mais avec de faibles répercussions. On ne sait pas pourquoi exactement on construit la nouvelle église, plusieurs raisons, l’arrivée d’une communauté bénédictine en 966, le fait que le Mont ait résisté aux Barbares….

Avec l’arrivée des moines bénédictins, le pèlerinage va se développer.

Au 11ème siècle, on construit une nouvelle église abbatiale, romane, beaucoup plus importante, là il va falloir s’adapter fortement aux contraintes géologiques  du lieu. Ici il était impossible de construire une abbaye bénédictine de plan traditionnel. On va donc utiliser des cryptes, du bois plus que de la pierre pour les voûtes, on doit étager les bâtiments conventuels car il est impossible d’utiliser toutes les parties du versant escarpé.

Puis au 13ème siècle, suite à un incendie par les Bretons, sur ordre du roi de France Philippe Auguste, en 1204, dans sa lutte contre Jean sans Terre, le côté nord brûle. Le roi rachète sa faute et finance la construction de la Merveille, construction gothique.

Ce sont les grandes étapes de construction de l’abbaye du Mont Saint Michel. On peut ajouter la modification majeure d’architecture au Mont, lors de sa transformation en prison centrale après la révolution jusqu’en 1863. On va modifier considérablement les pièces et leur fonction.

 

2)       L’abbaye pièce par pièce

a.        Le châtelet :

Avec la Guerre de Cent Ans qui fait des ravages, on doit fortifier le Mont. Le rocher était en partie protégé avant cette guerre, mais pendant celle-ci, tout se développe. La peur de l’Anglais aidant. En 1356 les Anglais sont dans la Baie, on renforce le village en allongeant les murs jusqu’à l’entrée du village, on construit des fortins. Puis pendant la trêve, On construit le Châtelet, devant vous, en 1393 ainsi que la barbacane qui nous entoure. Afin de protéger au mieux l’abbaye, on va relier la Merveille au Châtelet, c’est toute la ligne de fortification que l’on voit quand on arrive au Mont.

Entre la salle des gardes que l’on va rejoindre et le châtelet, on a ce qu’on appelle le « gouffre » qui avait une fonction d’assommoir.

b.       La salle des gardes :

Anciennement appelée nouvelle porterie, lors de sa construction en 1257.  Elle possède une cheminée de la fin du 14ème, qui, pendant la guerre de Cent Ans aidait les gardes qui surveillait l’entrée. Elle se nomme salle des gardes aussi parce que chacun devait déposer ses armes avant d’entrer, une exception pour les princes de sang. C’était aussi un premier point d’accueil, qui permettait d’orienter les visiteurs : les pauvres vers l’aumônerie, les seigneurs vers la salle des Hôtes, et enfin tous les visiteurs vers l’Eglise, par le Grand Degré intérieur. Au-dessus se situe la salle de l’Officialité, salle où l’abbé rendait la justice. Cet ensemble salle des gardes + Salle de L’officialité = Belle Chaise, nom qui provient du trône abbatial.

c.        Le grand degré intérieur

Le Grand Degré intérieur était utilisé par les visiteurs de l’abbaye, les pèlerins. C’est l’entrée de l’abbaye depuis le 13ème (avant à l’angle nord-ouest). Les moines ne l’utilisaient pas car il était hors clôture. A partir de cet escalier, on s’arrête très souvent à la deuxième plate-forme. A partir de là on remarque une partie du rocher sur lequel est appuyée l’abbaye. On peut ici expliquer et montrer clairement que l’abbaye est construite dessus. On remarque également une fontaine, il faut savoir que même si on se trouve en plein milieu de la mer, le Mont a toujours cruellement manqué d’eau. Il existe une fontaine, la fontaine saint Aubert, en contrebas, mais il fallait sortir du monastère, tout redescendre et tout remonter. Il a donc été décidé de créer des citernes. Il y en eut 6, en voici une, on va en voir une autre en montant. Elles récupèrent l’eau de pluie. Elles fonctionnent toujours mais ne sont pas utilisées. A partir de là on est enserré entre l’église abbatiale, et les logis abbatiaux et autres bâtiments utilisés par les abbés. Légèrement à gauche, c’est l’ancienne Bailliverie, de la seconde moitié du 13ème, elle abritait les services du bailli et ses logements (bailli = Les bailliages ont été établis au XIIe siècle sur le domaine royal, notamment par Philippe Auguste. Il était à l'origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Puis devient une charge honorifique). Face à nous se situaient les appartements de l’abbé. Il s’étage sur trois niveaux, date de la fin du 14ème. Les deux cachots au sous-sol étaient sous l’autorité du bailli. Les logis abbatiaux sont importants pour comprendre l’histoire du Mont.

-          Dans un 1er temps les abbés logent avec les moines = règle bénédictine

-          Puis, les abbés deviennent de vrais seigneurs, et décident de loger à l’extérieur de la clôture. (14ème siècle).

-          Autre étape, le logis accueille une administration de plus en plus importante pour compenser l’absentéisme des abbés, qui sont de plus en plus des abbés commendataires (cf : le régime de la commende, 1516 François Ier Concordat de Bologne qui permet aux rois de nommer les titulaires des charges ecclésiastiques. La voie est ouverte à des séculiers)

-          Donc au 17ème, plus précisément en 1622 avec la réforme mauriste, le logis est utilisé par les moines bénédictins restants, qui ne veulent pas se soumettre au nouveau règlement.

-          Enfin, au temps de la prison, le logis est divisé en deux et surélevé, une partie en cellules pour des exilés, et l’autre partie est le logis du gouverneur.

-          Aujourd'hui, bâtiment qui a mis du temps à être restauré, car moins important que le monastère. Restauré vers les années 1940. Aujourd’hui il est toujours divisé en deux, il abrite les religieux, et l’autre partie l’administration des Monuments Nationaux.

Enfin, on peut voir deux ponts, ils permettaient à l’abbé de rejoindre l’église abbatiale directement. Celui en pierre date du 15ème, mais existait déjà au 14ème, permet à l’abbé de rejoindre le chœur. L’autre en bois, du 16ème siècle rejoint le bras sud.

Autre citerne, celle-ci date du 16ème siècle. On peut voir dessus le blason de l’abbaye du Mont Saint Michel « De sable à dix coquilles d'argent ; au chef cousu d'azur, à trois fleurs de lys d'or. » Il y a un autre blason pour la ville.

d.       La terrasse du Saut Gaultier

Ici, quand il n’y a pas trop de monde, ce qui est rare, je m’arrête pour montrer le Couesnon et le barrage. Je montre surtout la statue de l’archange car c’est la meilleure vue que l’on ait.

La statue de l’archange : Statue de cuivre couverte de feuilles d’or. La statue date de 1897 par Frémiet, fut restaurée et remontée par hélicoptère en 1987. Elle mesure 4m50, pèse 410kgs. Elle culmine à 150m de haut, niveau de la mer. Elle honore l’archange, mais elle est aussi très utile, c’est le paratonnerre de l’abbaye. Il y a eu 12 incendies, principalement dus à la foudre. Comme on ne pouvait pas remplacer le bois par la pierre, on a très tardivement mis en place la statue. Dernier incendie 1834. Je parle des attributs de l’archange dans l’église car d’ici c’est trop loin.

Dernière chose, l’entrée sud, on rentre par-là lors des tempêtes car la terrasse ouest trop dangereuse. Au-dessus de l’entrée se trouvait le bas-relief qu’on verra plus tard qui représente le songe d’Aubert.

On traverse une petite pièce, on se trouve des maquettes de construction. Attention, il est interdit de parler à l’intérieur de la pièce. De plus, il est demandé aux guides de prendre les documents pour leur groupe, que ce ne soit pas les clients qui le fasse.

e.       La terrasse ouest

Les thèmes que je développe ici : L’incendie de 1776. Les constructeurs. La Baie. Tombelaine.

Incendie de 1776 : En 1776 un grand incendie détruit les trois premières travées, ainsi qu’une partie du dortoir des moines. Ca ne sera jamais reconstruit (moines mauristes : manque d’argent, pas d’envie, pas de projet). Jusque-là, c’était une façade romane qui avait subsisté, possédant un narthex avec un vitrail (restes retrouvés dans les remblais de la terrasse) et deux tours, on le voit bien au sol. La façade actuelle, assez fade, néoclassique date de 1780.  Sur la façade on remarque bien les trous de boulins rebouchés, où l’on installait l’échafaudage lors de la construction. Le trou était rebouché par une pierre de taille, que l’on pouvait ôter si on utilisait un nouvel échafaudage.

Ça me permet de passer au thème suivant, celui des constructeurs. Le Mont Saint Michel est construit en granit des Iles Chausey, que l’on voit à partir d’ici par temps clair, à 35 km du rocher. On a très peu utilisé la roche du Mont puisque le rocher soutien toutes les constructions. Les îles Chausey ont été offertes par les ducs de Normandie au Mont. Ils utilisaient le système de la marée pour aller chercher les pierres et les ramener ici. Le reste de la pierre vient de Caen et ses environs, ainsi que d’Antrain. Donc qui dit importation de la pierre dit marque de tâcherons pour payer les ouvriers. On les distingue très nettement sur le parvis. Grâce aux dons des pèlerins, aux revenus tirés des terres qu’ils possédaient, et au mécénat des grands du monde, l’abbaye put facilement trouver des sources de revenus, jusqu’au 16ème siècle.

La Baie : La Baie du Mont Saint Michel est connu pour deux choses, les plus grandes marées d’Europe, la différence entre la haute et la basse mer (marnage) peut aller jusqu’à plus de 12m. Lors des grandes marées, l’entrée du village est inondée. La Baie c’est aussi et surtout un écosystème incroyablement productif, en partie grâce aux marées. Elle est aussi UNESCO. Superficie d’environ 500km². Alimentée par la Manche et ici au niveau du Mont, trois rivières (Couesnon, la Sée et la Sélune) qui donne tous ces chenaux à marée basse. Baie très dangereuse à causes de ces filières et sables mouvants.  De nombreuses terres ont été gagnées sur cette baie, la poldérisation, principalement au 19ème : création de champs cultivables ou pour l’élevage, puis construction d’une route. La digue route en 1879, puis l’arrivée du train en 1901. On relie Pontorson au Mont en 30min, 30 000 touristes en 1885 / 100 000 en 1910 ! Mais grave problème car a causé l’ensablement, voilà pourquoi aujourd’hui on a le projet de remise en état du caractère maritime du Mont.

Alors en parlant de la Baie, elle est ponctuée de trois rochers qui ressortent dont on ne sait où ? Le Mont Dol, Le Mont Tombelaine, et le Mont Tombe. Les trois monts ont les mêmes caractéristiques géologiques (leucogranite et granulite). Le Mont Dol lui est entouré de terres maintenant. Seuls Tombe (appelé ainsi jusqu’au 10ème s.) et Tombelaine reste en partie des îles. Le Mont St Michel ou Mont tombe = 80 m de haut, 1ha, 900m de circonférence. Tombelaine en face, plus petit, 45 m de haut.

Le nom de Tombelaine vient d’une légende : « Un monstre avait son repère dans la Baie. La population avait très peur. Le roi Arthur et ses amis décidèrent de sauver cette population. Sur leur chemin, ils rencontrèrent une vieille femme, qui se trouvait là sur le Mont Tombelaine. Elle raconta son histoire aux guerriers : elle fut violée par ce géant, et sa fille adoptive enlevée par celui-ci. Sa fille Elaine, en mourut de peur dans les bras du géant. Alors Arthur décida de le combattre. Il le trouva sur le Mont, s’en suivit une grande bataille, gagnée par Arthur. En l’honneur d’Elaine, on décida de l’enterrer sur ce mont, qui devient le Mont Tombelaine. ». Pour finir avec Tombelaine, l’ilot fut occupé par les anglais pendant la guerre de Cent Ans, mais ils ne réussirent jamais à prendre le Mont. Il se situe à 3km de nous. On peut avec un guide rejoindre l’ilot.

f.         L’église abbatiale

Il est demandé aux groupes de s’assoir. Il y a des offices tous les jours (sauf lundi – hors offices chrétiens) à 12h15 et dimanche 11h30.

Dans l’église abbatiale, je parle de la construction de l’église, de l’archange Saint-Michel

Construction de l’église :

L’église se situe au point culminant du rocher. C’est la croisée du transept plus précisément qui se situe sur la pointe du rocher, soit à 80m de haut.  La croisée du transept et les trois premières travées reposent sur le rocher. Pour le reste, il a fallu avoir l’idée d’un aménagement. On a décidé de construire ce qu’on va appeler des cryptes tout autour du rocher, on en construit 3. Ces trois cryptes ainsi que la 1ère église préromane Notre Dame sous Terre vont servir de plate-forme pour poser la grande église romane.

On décide de la construction de l’église romane au début du 11ème siècle.  Ce qu’on appelle l’abbaye romane (église et bâtiments conventuels) vont être édifié de 1023 à 1080. Le plan est un plan classique orienté ouest / est. Du 11ème siècle il ne reste pas beaucoup de choses, seulement le côté sud. Le côté nord s’est effondré au 12ème (mauvais mortier car utilisation de sable marin qui ne sèche pas) et a été reconstruit lors de l’édification de la Merveille gothique au 13ème.  La croisée du transept refaite au 19ème lors des restaurations, puisque la période carcérale avait totalement modifié l’église. Façade au 18ème suite à l’incendie. Le chœur au 15ème parce que le 1er chœur roman s’est effondré en 1421. On reconstruit un chœur gothique, avec déambulatoire. Chacun des deux bras du transept est constitué d’une nef carrée, à l’est de laquelle s’ouvre une abside voûtée en cul-de-four. Leurs voûtes, refaites au début du XXe siècle, sont établies perpendiculairement aux voûtes des cryptes qui les supportent. Le bras nord a été raccourci lors de la construction de la Merveille.

Au niveau du poids, on utilise des arcs de décharges pour alléger la structure. Ces arcs, vont jusqu’au sommet du mur, récupérer les charges de la charpente, et du toit, et les reportent sur les piles. Décomposition du poids.

Au niveau de la décoration, il ne reste que 10 chapiteaux anciens, on remarque aussi que le transept est beaucoup plus décoré que la nef, avec ses chapiteaux, colonnettes… Pour différencier les chapiteaux c’est assez facile, les anciens sont en calcaire, les modernes, restaurés, sont en granit.

Pour les cryptes, nous en parlerons plus tard car nous en verrons deux.

Le chœur : je parle de l’arc gothique, flamboyant, le chœur fait 25 m de haut. Alors que la voute de la nef en fait 17m. Verticalité importante : pas de décoration, colonnettes moulurées, fenêtres hautes… De plus je montre la vitre au sol que l’on peut voir. Car nous allons la voir de nouveau lors de la visite de la crypte. Effondré en 1421, il a été reconstruit dès 1444, et à cause de la guerre il a fallu 75 ans pour le reconstruire, grâce à un financement de Louis XI, et grâce au duc de Bretagne François II qui accepta de leur ouvrir une carrière bretonne pour cette reconstruction.

Eglise abîmée par les mauriste : ils dallent l’église, puis l’Epoque carcérale : chœur garde sa fonction liturgique. Le reste de l’église est divisée en deux étages, les dortoirs des détenus, et une fabrique de chapeaux de pailles et de chaussures.

Statue de l’archange : Statue en bois du 15ème siècle. Elle représente Saint Michel avec ses deux attributs : l’armure de guerrier qui combat le dragon et la balance. On connaît tous Saint Michel comme le protecteur du ciel et de la terre, qui combat le dragon, symbole du mal. C’est le chef des milices célestes. Mi-ka-el = qui est comme Dieu.  On connaît moins le symbole de la balance, en effet, Saint Michel a la fonction de psychostasie = il pèse les âmes lors du jugement dernier, et il est psychopompe car il guide aussi les âmes.

g.        Ancien dortoir des moines

On rentre maintenant dans le monastère des moines. On passe par cette porte ou bien par celle du fond qui permet de traverser le reste du dortoir mais qui est aujourd’hui une librairie.

h.       Le cloître

On entre dans la Merveille, la Merveille rassemble des bâtiments sur le versant nord du rocher, construit au 13ème siècle. Littéralement suspendus au-dessus de la mer, son nom provient du fait exceptionnel de construire un tel bâtiment à cette époque. La Merveille s’échelonne en trois phases : 1ère phase, de 1203 à 1217 avec le réfectoire salle des hôtes et aumônerie = côté est). 2ème phase de 1217 à 1228 avec le cloître, salle des chevaliers et le cellier (= côté ouest). 3ème phase : n’a jamais été créée, la salle du chapitre faisait partie du projet.

Elément générateur du monastère, il permet de desservir de nombreuses pièces du monastère. Les fonctions du cloîtres sont au nombreuses, les principales : Distribution des pièces, même si cette distribution est relative au Mont.  Représente la clôture monastique, d’où le nom de cloître, du latin « claudere ».  C’est un lieu de lecture, de méditation et de procession. Lieu où le monastère se referme sur lui-même pour mieux se concentrer et être en contact avec le ciel, ici représenté par le jardin ouvert.

Le cloître du Mont Saint Michel : c’est architecturalement un compromis entre légèreté et stabilité. C’est la pièce la plus haute de la Merveille, elle se doit d’être légère. Pour ça, on utilise des 137 colonnettes fines  disposées en quinconce et des arcades en calcaire et non en granit. Néanmoins, il se doit d’être stable, donc utilisation d’une voûte en bois en berceau brisé et on multiplie les points d’appuis avec les colonnettes.

Décoration : On doit imaginer que le cloître était peint, il reste une partie de polychromie sur les colonnettes. On n’a pas su dater ces couleurs. Ensuite, le décor sculpté est principalement sur le thème végétal : on représente le jardin du paradis, ou la vigne o le verra face au réfectoire. Mais il y a aussi quelques représentations humaines, le Christ ressuscité triomphant. A sa droite St François d’Assise, sculpture réalisée deux ans après la mort du saint, on voit bien que les moines vivaient vraiment avec leur temps. L’Agneau et Jérusalem…

Un armarium (petite armoire pour entreposer des livres afin de méditer)// la salle capitulaire n’a jamais vu le jour on a mis dans les années 70’ une vitre// le chartrier pour entreposer des documents importants, le réfectoire.

La cérémonie du lavement des pieds : dans la galerie du mandatum (nom du chant chanté lors de la cérémonie). Tous les samedis, les semainiers de cuisine lavaient les pieds des moines. Le jeudi saint c’était l’abbé.

Epoque carcérale : salle de détente pour les détenus, une partie dédiée à la culture physique.

i.         Le réfectoire

Ici je traite de l’architecture de la pièce, sa fonction, la nourriture et les moyens de communication.

Architecture : pièce avec une très belle hauteur sur voute, qui possède une charpente solide au-dessus (cf la maquette). Comme dans le cloître on utilise une voute de bois pour des soucis de légèreté, à cela s’ajoute de fines colonnettes mais nombreuses (59). Entre ces colonnettes on a pu ouvrir de fines fenêtres telles des meurtrières pour laisser passer la lumière et donc la présence divine. Les colonnettes ont été restaurées en 1890 car l’espace avait été très abîmé par le passage des mauristes qui l’ont divisé en deux étages pour en faire des dortoirs (42 cellules). Souvent ces colonnettes sont comparées à des tuyaux d’orgues. La voix du lecteur fait écho grâce à la hauteur sous voute et cette disposition en colonnettes.

Fonction : lieu de repas des moines uniquement. Il existe au Mont un étagement qui représente les trois grandes classes sociales de l’époque, du fait les moines mangent en haut, les princes au milieu (salle que l’on va visiter après celle-ci) et les pauvres tout en bas dans l’aumônerie. Les tables étaient disposées en U, celles que vous voyez aujourd’hui ont été placées ici en 1963 pour recréer l’atmosphère monastique. L’abbé mangeait sous la croix. Les repas se déroulaient en silence comme vous le savez, un frère semainier à partir de la chaire toujours présente lisait des passages religieux. Les moines entraient en procession, après s’être lavé les mains, et s’asseyaient cote à cote. L’essentiel des informations était donné par ce qu’on appelle les « signa » = gestuelle de communication non verbale. Il y avait jusque 300 signes. On utilisait ces signes dans tous les moments de la vie quotidienne. A cette langue des signes on ajoute des objets pour communiquer comme les cloches, le cymbalum (pièce de métal, pour convoquer les frères), clepsydre (horloge à eau pour donner l’heure)…

j.         Le bas-relief

Représente le songe d’Aubert, le 3ème plus précisément, au moment au l’archange lui perce le crâne pour lui prouver sa présence. On voit alors l’archange lui montrant le rocher du Mont Tombe, il lui ordonne de construire un oratoire en son nom. Bas-relief qui date du 19ème, se situait au niveau du tympan de l’entrée sud de l’église abbatiale.

k.        La salle des hôtes

Dans cette salle je parle de sa fonction, de son architecture et du thème des pèlerinages des Grands.

La Salle des Hôtes est une salle d’apparat, qui fait partie du dispositif d’accueil du monastère (avec l’aumônerie et l’hôtellerie.). Elle accueillait les personnages les plus illustres, tels les rois, princes et autres seigneurs. Il faut donc imaginer cette salle richement décorée. D‘un point de vue architecturale, c’est la seule à posséder de telles voutes, avec ces chapiteaux moulurés. C’est une très belle pièce, qui possédait aussi de nombreuses tapisseries, et autres décors d’ornementation. Au sol on trouvait auparavant des carreaux de terre cuite aux armes du Royaume de France et de la Castille. Elle était aussi très fonctionnelle et avec toutes les commodités nécessaires. En fait deux salles se trouvaient là, une cuisine avec deux immenses cheminées pour cuire toutes sortes de repas (viande à quatre pattes) et la salle de repas avec elle aussi sa cheminée pour chauffer la pièce et des latrines. Ici on n’est pas dans un bâtiment de la clôture !  La pièce n’étant pas dédiée aux moines, elle pouvait être chauffée.

De nombreux princes et rois sont venus en pèlerinage au mont et ont œuvré à sa construction par des dons. Elle reçut Louis IX, Philippe III, Philippe IV Le Bel, François Ier…. Le plus illustre car le plus dévoué était Louis IX évidemment ! La tradition montoise veut qu’il n’ait pas mangé ici mais que voulant se mettre à la même place que les moines, il mangeât avec eux dans le réfectoire. Le pèlerinage a été accompli par la plupart des rois de France jusqu’au 16ème.

Période Mauriste : la salle des hôtes est transformée en réfectoire.
Période carcérale : atelier de filature pour les femmes.

l.         La chapelle St Madeleine

Suivant le dispositif de cet accueil des plus Grands, une chapelle était à leur disposition, la chapelle Sainte Madeleine, afin qu’ils puissent prier avant le repas. Selon le temps et les groupes, j’ajoute la description du vitrail et je montre aussi une petite inscription qui date du 19ème siècle et qui atteste de la présence d’un prisonnier. La chapelle deviendra salle des hôtes à la période mauriste.

m.      La crypte des Gros Piliers

On change totalement de sujet pour entrer dans la crypte des Gros Piliers.  Nous sommes ici en dessous du chœur de l’église abbatiale, pour attester je montre la plaque de verre au-dessus de notre tête. Alors pourquoi cette plaque en verre ? Raison principale, pour apporter de la lumière dans cette crypte. On dit aussi que ça a permis de faire passer les cloches. Avec l’effondrement du chœur roman en 1421, une partie de la crypte romane est altérée. Mais réutilisable. On l’utilise donc, et on recrée par-dessus une crypte gothique, de plan similaire au chœur gothique afin de soutenir parfaitement l’édifice. Cette réutilisation des piliers romans explique la circonférence importante des piliers gothiques + 5m. Le chœur est donc soutenu par 10 piliers, et le maître autel par deux colonnes jumelles. Au total 12 piliers. C’est donc un lieu de soutènement mais c’est aussi un lieu de passe, vers une deuxième crypte ou vers église avec un petit escalier caché qui existe depuis la construction de cette dernière (sud-ouest – dernière chapelle-)

n.       La crypte St Martin

Lors du déplacement j’explique bien au groupe que nous sommes entrain de marcher sous l’église abbatiale.

Construite dans la première moitié du XIe siècle pour servir de soubassement à l'église, elle soutient le bras sud du transept. Elle est constituée d’une nef unique, inscrite dans un cube parfait, couverte d’une voûte en berceau d’une portée de 9m. A l’est, une abside semi-circulaire supporte l’absidiole du transept de l’église. C’est un édifice parfaitement roman, on peut mettre en avant l’épaisseur des murs 3m pour celui-ci. Cette crypte était hors de la partie réservée aux moines, et les manuscrits n’y mentionnent aucune cérémonie. C’était en fait une halte de prière lors de la montée au grand degré, qu’on voit par l’ouverture. Elle s’ouvrait sur l’Ossuaire et la zone funéraire ou étaient vraisemblablement inhumés les bienfaiteurs de l’Abbaye. C’est l’un des rares endroits de l’Abbaye à nous parvenir tel qu’il fut lors de son achèvement vers 1050. Pour les groupes, c’est la plus ancienne pièce de l’abbaye qu’ils peuvent visiter. On remarque des traces de coffrages sur la voute, on peut donc aussi parler du thème des constructions de voutes.

o.       L’ossuaire et la roue

Ici après avoir introduit la pièce je parle uniquement de la période carcérale. Cette pièce est l’ancien ossuaire des moines, pièce date de 1060 mais fut régulièrement modifiée au cours des siècles. Comme dans tous les ossuaires, on entreposait ici les ossements du petit cimetière des moines régulièrement vidé. D’un point de vue architectural c’est une pièce difficile à détruire.

Mais cette pièce nous permet d’introduire très facilement l’histoire carcérale du Mont Saint Michel. En effet, on trouve une grande roue, appelée un poulain, qui est typiquement une roue d’un modèle du Moyen-Âge, mais qui a été placée ici en 1819. La grande roue, de 6m de diamètre, permettait de monter nourriture et marchandises nécessaires aux centaines de détenus. Six hommes, par paires de deux, pouvaient hisser plus de deux tonnes. On peut regarder par l’ouverture : cette rampe d’accès est construite à la même date, les crans horizontaux de la rampe à l’extérieur permettaient de retenir le chariot.

Petit retour sur l’histoire carcérale : déjà à l’époque monastique, le Mont-Saint-Michel est une prison. Avant le 15ème siècle, aucune mention de prison, la règle de Saint Benoît n’en prévo

it pas. Il y a seulement des lieus d’isolement. Il y a seulement des cachots « les jumeaux », sous la porterie. Puis la Guerre de Cent Ans faisant rage, l’abbaye devient une vraie forteresse, et on inaugure alors sa fonction carcérale qui va perdurer jusqu’au milieu du 19ème.

En 1472, lors d’un pèlerinage, le roi Louis XI ordonne la création d’une prison, on installe alors la fameuse « cage de fer » qui reste en activité jusqu’en 1785. C’était une cage en bois suspendue dans le vide, avec un balancement incessant. 5 détenus sont passés par là. La légende raconte que Dubourg, un prisonnier arrêté suite à un pamphlet contre Louis XIV il y resta 27 ans et fut mangé par des rats (faux : 1 an, mort fou). Le Mont était alors un lieu de détention pour les exilés du royaume. On l’appelle alors « La Bastille des Mers »

Puis les siècles passent, au 18ème siècle, les pèlerinages diminuent fortement, la vie des moines aussi. En 1780 il ne reste que 12 moins. Avec la Révolution française, c’est la fin des ordres religieux, au Mont on ne détruit pas la Bastille des Mers. En 1790 les moines qui restent reprennent leur liberté ou meurt au Mont. Au même moment on transforme l’abbaye en une maison de détention (on accueille les prisonniers de droits communs puis pour les prêtres réfractaires) En 1794 : 600 prêtes sont emprisonnés dont l’évêque de Rennes. Les habitants sont réquisitionnés pour monter la garde. Puis en 1811 elle est transformée en maison centrale par Napoléon. Et enfin en maison de force en 1817 pour des prisonniers condamnés à la réclusion, femmes et enfants au travail forcés, maison de correction et les vieux bagnards.  La maison fermera en 1863, ce qui entraina des problèmes avec les habitants du mont qui ont perdu leurs emplois. La prison a connu des prisonniers célèbres, comme Barbès ou Auguste Blanqui en 1839.

p.       La chapelle St Etienne

Elle date du 13ème siècle, elle se situait entre l’infirmerie (qui a disparu en 1818) et l’ancien ossuaire des moines elle était probablement la chapelle mortuaire. On peut remarquer une pietà, datée du 15ème siècle. Sous la pietà se situait un lit où on exposait le corps du défunt.

Le Dict des trois vifs et des trois morts : Face à lui une ancienne frise du 13ème siècle. En 1979, lors de la restauration de l'abbaye du Mont Saint-Michel, les spécialistes ont découvert un fragment d'un dit des trois vifs et des trois morts. Celui-ci se trouvait dans les ruines de l'ancienne infirmerie, effondrée en 1811, au-dessus de la porte. Il n'en subsiste que les trois morts, peints sur un fond vert clair dans une pose passive. Deux d'entre eux sont vêtus d'un linceul; celui du centre pose sa main sur l'épaule du premier. Le troisième mort porte la main droite à son cœur. Les trois vivants devaient probablement se trouver de l'autre côté de la porte.

q.       Escalier des Moines et Notre Dame Sous Terre

Le réseau de circulation est complexe au Mont St Michel, partagé entre la clôture monastique l’accueille d’hôtes, de pèlerins… De plus, les modifications au cours des siècles n’ont rien arrangé ! Cet escalier, on ne sait pas du tout s’il était hors clôture ou pas.  Mais on en parle souvent comme centre des communications parce qu’on pouvait rejoindre le promenoir, la chapelle St Etienne, les logis de l’abbé, l’hôtellerie et Notre Dame sous Terre.

Sur la droite une porte amène à l’ancien emplacement de la cage de fer.

Notre-Dame-Sous-Terre : visitable seulement avec les guides du Mont.  Partie la plus ancienne du monastère, soutient la nef de l’église (là nous sommes sous la terrasse ouest). A l’époque de sa construction, au 10ème siècle, elle est en plein air. Eglise pré-romane d’architecture carolingienne. On dit que derrière l’abside sud une ouverture a mis à jour le mur de l’oratoire d’Aubert de 709.

r.        Le promenoir

On doit le nom de cette salle à l’historien et architecte des MH ici au Mont, Paul Gout en 1853, qui pensait sans doute que cette salle faisait office de 1er cloître. C’est ni un cloître ni un lieu de promenade. On ne connait pas sa fonction. Quoiqu’il en soit, on sait que c’est une salle très ancienne si on observe l’architecture, mélange d’un style roman et gothique.

On note de très beaux chapiteaux, et dans le fond, on remarque le rocher qui ressort très nettement. On peut une nouvelle fois justifier le fait que l’abbaye s’appuie sur celui-ci.

s.        La salle des Chevaliers

On arrive sur la dernière salle que l’on visite avec les groupes. Je parle de son nom, de sa fonction et de la bibliothèque du Mont Saint Michel et bien sûr de son architecture.

Ce nom lui a été donné au 18ème siècle, à l’époque la salle était décoré d’un panneau portant le nom des 119 chevaliers qui avaient défendus la citadelle pendant la Guerre de Cent Ans. Mais à l’époque romantique on a confondu cet épisode avec un autre : la Création de l’Ordre des Chevaliers de Saint Michel par Louis XI en 1469, mais qui ne se sont jamais réunis ici en fait !

Cette salle se trouve sous le cloître, c’est la plus grande de l’abbaye. On dit qu’elle représente l’école gothique normande, notamment avec les chapiteaux à feuillages, la mouluration qui est accentuée sur les arcs d’ogives et des colonnettes en congés. Tout cela comme à la Cathédrale de Coutances.

La galerie que vous pouvez voir permettait une circulation hors clôture vers l’église abbatiale et la salle des hôtes.  Les oculi permettaient de faire entrer la lumière et le nombre de colonne est plus important que ce qu’il ne faudrait. En fait elles sont utilisées pour délimiter des espaces.

La fonction première de cette pièce est apparemment le scriptorium, puis la copie va disparaître avec l’invention de l’imprimerie au 15ème siècle. On pense qu’après la salle est transformée en bibliothèque, ou en chauffoir. C’est l’unique salle chauffée de la clôture. Elle permettait aux moines de se chauffer les mains lors des copies, et surtout de chauffer la pièce qui était très humide afin de conserver les ouvrages. Au 12ème siècle le Mont-Saint-Michel est la Cité des Livres, on y produit des manuscrits de grande qualité. Au 13ème le déclin commence à cause de la concurrence des écoles des cathédrales (= écoles de copistes). Puis le 15ème siècle c’est la fin.

C’est Avranches qui conserve les 199 derniers livres montois. Tous sont sur des parchemins sauf 3 sur papiers du 15ème. On pense qu’une vingtaine est dispersée dans le monde. On produit 3 à 5 pages par jour, l’essentiel des parchemins du mont sont en peau de moutons. La touche montoise est le décor d’entrelacs, de feulles dans un cadre où on ajoute la 1ère lettre du livre. On ne produisait pas que des livres religieux, mais aussi des livres de mathématiques, d’astronomie, de musique….

Salle où on trouvait également des latrines. L’arc dans le mur : selon Paul Gout fenêtres destinées à éclairer la salle des hôtes avant la construction de l’autre partie de la Merveille et des cheminées. Pour Germain Bazin : un 1er projet de construction d’une salle de deux nefs.

L’été on ouvre une deuxième sortie quand il y a trop de monde, dans le coin nord-ouest, l’escalier rejoint directement le cellier. Si on monte cet escalier ça donne accès au chartrier.

t.         L’aumônerie

Cette pièce existe depuis le début de la construction de l’abbaye. Elle est d’aspect roman elle a échappé à l’incendie de 1204, elle mesure 35 m de long et accueillait les pèlerins les plus pauvres qui s’entassaient ici avant d’aller prier à l’église abbatiale. A l’ouest une grande poste s’ouvrait pour faire entrer les marchandises. Cette grande porte donne accès au cellier.

u.       Le cellier

La taille importante de cette pièce montre les besoins importants en provision de l’abbaye (repas des moines, festin des hôtes, prévision des sièges) Cette pièce est datée du 13ème mais on est sûr de son existence dès le 11ème siècle. La Baie vitrée montre l’emplacement de l’ancien poulain, la roue semblable à celle de l’ossuaire des moines.sa construction est assez rudimentaire, simple car c’est un lieu d’entrepôt.  Situé au nord-ouest, avec peu d’ouverture, elle était très froide et permettait une bonne conservation.

Le cellier + l’aumônerie= aussi appelées les « Montgomeries ». Le Mont a subi des dommages pendant les guerres de religion. La citadelle est une citadelle catholique mais subit neuf  tentatives d’assauts. En 1591 se produit un épisode sanglant. Gabriel de Montgomery et ses soldats protestants, avec la complicité d’un montois, se hissa par le treuil de la roue du poulain. Puis au dernier moment le montois dénonce le complot et les huguenots se firent égorgés.

 


Bibliographie :

-          Le Mont Saint-Michel, Les Editions du Patrimoine, Itinéraires

-          Déceneux Marc, The Mont Saint-Michel, stone by stone, Editions Ouest-France

-          Le Gros Jean-Luc, Le Mont Saint-Michel, Architecture et Civilisation, Editions Charles Corlet, patrimoine ressources

-          Le Mont Saint-Michel, Les Cahiers de Science et Vie, n°98, avril 2077.

-          Leloup Daniel, Le village du Mont Saint-Michel, histoire d’un patrimoine mondial, Editions Chasse-Marée.

 

Partager cette page

Repost 0
Published by

Présentation

  • : Le blog de BB
  • Le blog de BB
  • : Bretagne Buissonnière est une association qui regroupe des guides interprètes de Bretagne. Ils proposent des visites guidées, des rallyes découvertes, des circuits qui se veulent exemplaires en termes de développement durable. Outre notre site internet, nous avons choisi de créer un blog pour communiquer plus en avant et échanger points de vue, photos et informations.
  • Contact

Archives

Canal De Nantes À Brest