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D'après Isabelle (Formation assurée par la Maison du Littoral 2009)

VALLEE DES TRAOUIEROS

 

23/3/2009

 

Le ruisseau de la Vallée des Traouiéros marque la limite entre les communes de Perros-Guirec et de Trégastel. Il s’agit en fait de 2 rivières qui se jetaient au niveau du moulin à marée. 2 vallées confluent également à cet endroit.

 

Le port a une forme de trou circulaire d’où son  nom véritable de « Poulmanac’h » et non Ploumanac’h. Ce sont les cartographes de Louis XIV qui ont fait l’erreur de transcription. C’est le port de Bretagne nord le mieux abrité mais il n’est pas facile d’accès.

 

* Moulin à marée de Trégastel(1384)

Il a fonctionné en permanence de 1384 à 1932. Il a été réaménagé, la digue refaite mais le bâtiment est d’origine. Il a gardé ses meules mais a perdu son mécanisme. Dans les années 1970, il a été transformé en crêperie.

Côté port, les ouvertures à gauche du moulin servaient à remplir le réservoir. Celles complètement à gauche de la digue servaient pour le trop plein du réservoir. Devant il y avait avant un plateau rocheux. Avec la sortie du trop plein le granit est altéré formant un trou.

Autrefois le minotier gagnait de l’argent grâce au moulin mais également avec le droit de passage sur la digue et le droit de pêcher dans l’étang.

 

* Tuiles sur les toits

En 1815, la défaite de Waterloo amène un traité de paix entre la France et la   G-B. Des primeurs et du bois bretons étaient échangés contre des tuiles anglaises. Les gens riches ont alors mis des tuiles en remplacement du chaume, les carrières d’ardoises étant trop éloignées. Ceci a duré jusqu’aux années 1870. Ensuite, grâce à l’arrivée du train, les habitants ont pu faire venir des ardoises. Aujourd’hui les tuiles sont admises sur le littoral mais pas à l’intérieur des terres.

 

* Moulin à marée de Ploumanac’h (19ème)

Appelé autrefois le « moulin rouge » car recouvert de tuiles. Il n’a pratiquement jamais servi car il avait été mal construit. La réserve d’eau était insuffisante pour faire marcher le moulin. Il a été utile surtout pour la route qu’il a permis de créer.

 

 

 

 

* Granit

Les boules de granit ont commencé à s’altérer il y a 15 millions d’années. L’érosion est de 2mm tous les 100 ans.

On voit le loess (au-dessus des grains de granit) dans la terre. C’est un loess éolien. On le trouve dans toute la Bretagne nord. Les Mts d’Arrée l’ont empêché d’aller vers le sud. Dans la région parisienne, les vents ont été canalisés par la vallée de la Seine ce qui a amené le loess jusqu’à la Brie et la Beauce.

 

* Encoche de pédogenèse

Vient de pedon (sol en grec). Encoche faite par un sol et par les horizons humides du sol. Le rocher était entouré de sol à l’origine. Les encoches permettent de voir où était le sol avant la remontée de l’eau. Sur l’île Milliau, il y a des rochers en forme de trognon de pommes dus à ce phénomène.

 

* Viviers

Ils sont retirés en hiver pour éviter les tarets et de traiter le bois.

 

* Biotite

Un schlieren est une concentration de minéraux sombres. Ici la biotite forme des vagues montrant ainsi la fluidité du granit.

 

* Algues entéromorphes (sur les rochers)

Leur couleur blanche indique que l’eau est légèrement dessalée.

 

* Vallée des Traouieros

Là aussi les géographes de Louis XIV ont mal retranscrit. Le nom en breton est « Traouieros » qui veut déjà dire vallée. Il y a 2 vallées : celle des Grands Traouieros du côté Trégastel et celle des Petits Traouieros, côté Ploumanac’h.

Il y a 2 vallées parce qu’il y a 2 failles parallèles.  Entre les 2 il y a un interfluve.

L’entrée dans la vallée se fait par une sorte de ria. Le chemin (en face du moulin à marée) a été aménagé comme chemin d’accès pour la carrière installée dans le fond en 1932. Celle ci a fonctionné jusqu’à la fin des années 1980. C’est aujourd’hui une propriété privée appartenant à 5 ou 6 propriétaires. Il n’est donc plus possible de la traverser.

 

Cyprès de Lamber : résineux à très bonne croissance introduit en France il y a un peu plus de 150 ans. Leur introduction est liée à Napoléon III. Celui-ci avait été emprisonné au fort de Ham. Pendant ses 5 années de détention, il aura 2 enfants avec la lingère d’origine bretonne. En 1848, il devient pdt de la République avant de s’autoproclamer empereur. Il a amnistié ses anciens copains révolutionnaires émigrés aux E-U dans la région de Monterey. De retour en France, ceux-ci ramènent des cyprès qu’ils offrent à l’impératrice. La mode de planter ces cyprès est lancée.

- Remonter la route puis prendre le chemin d’entrée dans la vallée sur la gauche.

La vallée est très boisée car orientée sud-nord et protégée des vents d’ouest car elle est encaissée. A l’origine il y avait des prairies. Les arbres ont été plantés il y environ 80 ans par le propriétaire de la carrière pour ses petits enfants. Mais l’exploitation est difficile à cause du relief.

 

Lierre : lorsqu’il est rampant les feuilles sont dentelées. Lorsqu’il devient tombant les feuilles deviennent lisses.

 

Fragon (ou petit houx) : petites baies rouges, les « feuilles » sont en fait des tiges aplaties.

 

Granit : 1 m2 = 2,5 tonnes.

 

Etang=eau douce. Il est artificiel car créé pour l’exploitation de la carrière.

 

Colmatage des étangs : envasage et non ensablement. Les iris jaunes s’implantent sur la vase.

Au fond du ruisseau c’est de l’arène granitique.

Chaos dans la partie la plus rétrécie en forme de V.

Plan en U en fond de vallée. Il y a plus d’eau.

 

- « Grotte du Lépreux ». Au 17ème  siècle, il y avait un lépreux à Trégastel. Selon les textes il s’était retiré dans la vallée et aurait vécu dans cette grotte. Elle a sûrement servi par contre aux contrebandiers pour cacher leur cargaison. Pendant la dernière guerre mondiale des gens sont venus s’y mettre à l’abri et des agriculteurs y ont caché des chevaux.

La pierre de couverture a glissé peut-être lors d’un tremblement de terre.

 

- Chaos : on peut voir une « marmite de géant ». C’est un caillou qui en tournoyant a fini par creuser cette marmite au fond hémisphérique.  Cela indique que l’eau passait par là avant.

 

- Châtaignier « torturé »

 

- Rivière longue de 7 km.

 

- Pierre tombale pour passer la rivière.

 

Rando dans la vallée : 6 km. 5 h AR.

 

- Les arbres ne poussent pas plus haut que la vallée sinon ils sont soumis aux vents marins. Sur les versants ouest exposés on trouve une végétation de landes. Dans la vallée adjacente les sources se trouvent en profondeur. L’érosion est freinée par les arbres et par les strates au sol au contraire des cyprès qui acidifient le sol.

 

- 2ème « grotte du lépreux » : un abreuvoir a été creusé dans la roche. C’était probablement plus pour les moutons que pour un éventuel lépreux.

 

La vallée des Petits Traouiéros est plus large que celle  des Grands Traouiéros.

 

- Carrières : il reste encore aujourd’hui 3 entreprises de carriers mais il y a la concurrence avec le granit chinois trois fois moins cher. Le mot « carrière » a été inventé au 19ème siècle. Avant on parlait de tailleur de pierre. Avant l’exploitation industrielle dans la région il y avait une pénurie de pierres.

Ex : chapelle de la Clarté. Il a fallu 100 ans pour la construire, faute de pierres. D’où des pierres de différentes origines, prises souvent à 6 ou 7 km de là. Le prêtre demandait à ses paroissiens d’amener des pierres comme pénitence. Idem pour le moulin de la Lande du Crac’h. Beaucoup de pierres étaient ramassées sur la grève.

En 1850, Napoléon III rase Paris pour éviter la Révolution. Il lance le Paris d’Haussmann. Pour faire les routes il fallait un matériau non glissant. Le granit est choisi pour ça et de plus le granit armoricain était plus facile à faire venir par bateau. Sinon c’était le granit du centre de la France mais qu’il fallait faire venir par route. Les sites choisis ont été Chausey et l’Ile Grande. Ce dernier était relativement facile à débiter car il était fissuré. L’exploitation a été faite par des Italiens de Carrare qui avaient l’expérience. Beaucoup ont fait souche d’où beaucoup de noms italiens dans la région. La carrière de l’Ile grande a fonctionné pendant environ 50 ans. En effet, à l’arrivée du bitume au début du 20ème siècle, ces carrières ont fortement décliné.

Le granit de Ploumanac’h a également été exploité. La mer permettait de l’humecter et à la marée suivante il était ainsi possible de le débiter. En 1905, l’exploitation est arrêtée.

Dans les années 1920-30, ce sont les carrières de la Clarté qui ont émergé notamment avec l’ère touristique et les constructions que ça impliquait. Puis ce furent les pierres tombales.

Les instruments pneumatiques et dynamiques ont rendu l’extraction plus facile. Autrefois les carrières faisaient l’extraction et le façonnage. Aujourd’hui elles ne font plus que l’extraction (10 000 m 3 par an) et sont en déclin.

 

- Cuvette de granit. Ne pas confondre avec la marmite. Dans la cuvette le fond est plat alors que dans la marmite le fond est hémisphérique. Le trop plein déversé de la cuvette a formé une rigole. La formation de la cuvette est liée à la mer et plus particulièrement aux embruns. Le sel cristallise et augmente de volume ce qui provoque l’éclatement d’un minéral. Petit à petit le trou s’agrandit pour former une cuvette.

Ex : menhir de St-Uzec : la cuvette existait avant le redressement du menhir. La rigole s’est formée après.

 Il faut 10 à 15 millions d’années pour faire une boule de granit et 5 000 ans pour faire une rigole.

 

 

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